« Reconnaître l’emprise afin de lâcher prise »

Le bouddhisme tibétain

Le bouddhisme tibétain est l’une des traditions du bouddhisme parmi les plus tardivement installées dans les pays occidentaux, à partir seulement de la fin des années 1900. Le bouddhisme c’est « la pratique des enseignements de Bouddha, également appelés « dharma » qui signifie « protection ». » La philosophie bouddhiste ne ressemble pas à nos philosophies occidentales, le bouddhisme est l’emprise sur le « soi » qu’il faut reconnaître et s’en séparer, autrement dit se débarrasser de son « ego ». Cependant sans prendre en compte cette libération de son ego, elle se base sur plusieurs sujets principaux comme la compassion et la sagesse. La compassion est « un esprit qui, motivé par l’amour, chérit les autres êtres vivants et désire les délivrer de leur souffrance. » Et la sagesse est « est un concept utilisé pour qualifier le comportement d’un individu, qui allie la conscience de soi et des autres, la tempérance, la prudence, la sincérité, le discernement et la justice s’appuyant sur un savoir raisonné. »

Le Bouddha.

Le bouddhisme est né du Bouddha Sakyamuni nommé Siddartha Gautama, le prince qui vivait dans le Nord de l’Inde, près de la frontière du Népal, il y a 26 siècles. Il est le fondateur du Bouddhisme, le Professeur d’Origine.
Il a trouvé le chemin pour atteindre la Parfaite et Complète Illumination par lui-même, sans l’aide de personne. Il ne s’est jamais proclamé comme un dieu ni un sauveur, mais comme un simple être humain ayant retrouvé le chemin de la Parfaite et Complète Illumination.
À la suite de son illumination, il est devenu Bouddha, ce qui veut dire un être parfaitement et complètement illuminé. Il est le porte-parole de tous les Bouddhas du passé, du présent et du futur. Son enseignement spirituel permet d’atteindre l’Ultime Parfaite Illumination. Contrairement à ce que plusieurs pensent, le Bouddhisme n’est pas une religion, ni une philosophie, ni un culte ou encore moins un spectacle. Tout être vivant qui a trouvé l’Ultime Parfaite Illumination s’appelle Bouddha.

Dans le bouddhisme les femmes étaient considérées avant comme impures, seulement qualifiées comme objet de plaisir. Cependant le bouddhisme ayant évolué au cours de l’histoire « s’adresse à tous les êtres, sans exception. Il a montré le chemin vers la libération ultime, qui peut-être emprunté par les hommes et les femmes, sans distinction. »
Avant les femmes pratiquaient le bouddhisme individuellement. D’ailleurs le bouddhisme se fait la plupart du temps dans des monastères propre au bouddhisme où les moines vivent ensemble de manière organisée. Cependant le moine considère l’endroit où il demeure comme son monastère où qu’il soit (source).

Mais « un monastère ne peut appartenir a un moine car un moine ne possède rien en dehors des huit affaires ». Autrement dit, un bol, une robe double, une robe de haut, une robe de bas, une ceinture, une aiguille à coudre avec du fil, un rasoir, un filtre à eau (pour filtrer les impuretés). (source)

Dans le bouddhisme il y a bien une distinction entre philosophie et religion. En effet, « le bouddhisme comporte une telle dimension philosophique qu’il est perçu par un certain nombre de ses pratiquants comme philosophie plutôt que religion. » (source)

Gendun Drub, le premier Dalaï-Lama.

Les grandes figures du bouddhisme sont les Dalaï Lama.
Être un Dalaï Lama c’est être la réincarnation successive du premier tenant du titre. Le premier Dalaï Lama est Gedun Drub. Gedun Drub est né dans une étable. Il était le fils de nomades, et fut berger jusqu’à l’âge de sept ans. À cette époque, après la mort de son père, il fut placé par sa mère au monastère de Nartang. À 14 ans, il prit ses vœux de novice ; là il reçut son nom de Gendün Drub. À 20 ans il fit ses vœux définitifs de moine.

Tenzin Gyatso, est le 14ème teneur du titre de Dalaï Lama. Et est toujours l’actuel jusqu’à son décès. « Moine bouddhiste de l’école gelugpa, il est intronisé chef temporel et spirituel des Tibétains le 17 novembre 1950, un mois après le début de l’intervention de l’armée chinoise au Tibet. En 1959, il s’exile en Inde où il crée le gouvernement tibétain en exil qu’il dirige jusqu’à sa retraite politique en mars 2011, un premier ministre lui succédant à la faveur d’une démocratisation en exil. »

Pour conclure, le bouddhisme est une philosophie de vie en communauté à travers des monastères mais aussi individuelle propre à chacun née en 589 avant J.-C. à Bodh Gaya en Inde. Cette philosophie est bien propre à elle et ne ressemble pas vraiment aux philosophies occidentales par ses sujets et principes. Lle but est de trouver le chemin de la parfaite et complète illumination. Une grande figure dans le bouddhisme est la lignée des Dalaï Lamas.
Dont l’actuel qui est Tenzin Gyatso, et donc la réincarnation de ses prédécesseurs.

Marthe et Hugo, T°L

Publicités

Om Mani Padme hum

La philosophie indienne est née entre -700 et -500 av. JC. Elle constitue un ensemble de systèmes philosophiques originaires de l’Inde. Il existe deux sortes de philosophie indienne (source) :

-les philosophies « astika« , ce sont celles qui reconnaissent l’autorité du Veda (c’est-à-dire : le Savoir , la Science par excellence). Exemple : l’hindouisme.

-les philosophies « nastika« , ce sont celles qui rejettent l’autorité du Veda. Exemple : le bouddhisme.

L’hindouisme :

Il n’a pas de fondateurs et n’a pas un livre sacré mais plusieurs, ils sont divisés en deux catégories :

-la Çruti : textes transmis par la puissance divine
-Smriti : textes transmis par la mémoire des hommes

« Les Hindous croient en la succession des réincarnations (samsara). Les conditions de la renaissance sont déterminées par le karma, c’est-à-dire la façon dont la vie précédente s’est déroulée. Le samsara n’a, en principe, pas de début et pas de fin. Le seul moyen d’en sortir est d’atteindre la délivrance (moksha) par divers moyens (les margas) dont la méditation et la dévotion. Les Hindous croient en une unique réalité, éternelle et transcendante. » (source)

Le bouddhisme :

Il fut fondé par Siddharta Gautama, chef spirituel qui a vécu au VI°s av. JC ou au V°s av. JC, le titre de Bouddha qui signifie « éveillé » lui est accordé plus tard par ses disciples (source). « La philosophie bouddhiste s’appuie sur l’intelligence et la raison pour comprendre le monde et l’homme » (source). L’enseignement fondamental du Bouddhisme est les 4 nobles vérités (source) :

-La première (Dukkha) : « L’existence conditionnée que nous connaissons est imbue de souffrances ».
-La deuxième (Samudaya) : « Les souffrances existent parce qu’il y a des causes qui entrainent leur apparition, donc il est tout à fait logique de connaître quelles sont ces causes ».
-La troisième (Nirodha) : « Ces souffrances sont réelles et elles ne cessent de nous tourmenter, nous sommes obligés de nous interroger sur l’origine de ces souffrances. Une fois que les origines sont connues, on agit sur les causes pour les éradiquer jusqu’à atteindre la libération finale ».
-La quatrième (Magga) : « le chemin menant à la cessation des souffrances, ce chemin est « le noble sentier octuple » : vision, pensée, paroles, actions, professions, efforts, attention, contemplation, correctes. Par la pratique simultanée des huit composantes du chemin, les Bouddhistes pratiquant atteignent progressivement le nirvana ».

Les symboles des philosophies indiennes :

« Le aum est un des symboles les plus sacrés de l’Hindouisme, il est considéré comme la vibration primitive, divine de l’univers qui représente toute existence. » (source)

« Le Lotus dans l’Hindouisme est le symbole de la vérité de l’auspiciosité et de la beauté. » (source)

« Les Hindous considèrent le taureau et la vache comme sacrés. Cela a une signification. Le culte de ces animaux signifie adorer le principe du sacrifice et du service qu’ils représentent pour que les fidèles puissent s’imprégner de ce grand principe dans leur propre vie. » (source)

« L’éléphant est considéré comme un personnage de force, de précieux, de prospérité et de bonté. Il est associé aux nuages de pluie et à la fertilité, sont considérés comme une bonne fortune. » (source)

Louise et Axel, T°L

La philosophie mongole

En Mongolie la distinction entre la religion et la philosophie n’est pas évidente, elles sont étroitement liées. Il existe principalement deux courants de pensées : le chamanisme et le bouddhisme.

Temple de Sülde Tngri dans la ville de la Bannière d’Uxin en Mongolie-Intérieure, République populaire de Chine, Désert d’Ordos. Photo d’Enrique Bendicho, 2010.

Tout d’abord, « Le Chamanisme trouve ses origines dans les temps préhistoriques et a probablement évolué à partir de traditions formées sur le culte de la nature ». C’est l’une des anciennes formes de guérison sur la planète et son origine provient de la Mongolie. Le chaman apparaît comme étant « le lien entre chaque clan ou tribu dans la communication avec les esprits des ancêtres et de la nature. Typiquement, le chamane est celui qui sait communiquer avec « l’autre monde ». Pour se faire, il exécute une danse rythmique accompagnée des battements du tambour et, parfois aidé d’alcool ou d’herbe qu’il fume, il entre en transe. C’est en émergeant de cette transe que le chamane communique le message des esprits à la communauté. Le chamane est non seulement une figure religieuse, mais un guérisseur, un protecteur de l’art et des coutumes du clan. Il est l’intermédiaire avec l’univers symbolique. » (source) L’une des grandes figures féminines du chamanisme mongol est : Grand-Mère Ayangat. C’est une «  Grande chef spirituelle de tous les chamanes mongols ». (source)
Le chamanisme perdura dans le temps bien qu’il se fit progressivement remplacer par le bouddhisme.

Le bouddhisme fait son apparition en Mongolie lors du IIIe siècle avant J.C durant la période des Huns, ancien peuple nomade originaire d’Asie centrale. Le bouddhisme apparaît notamment à travers la construction de temples et le pèlerinage. « De l’an 330 à l’an 550 après J.C. (…) le Bouddhisme était devenu la religion officielle de l’État, et plus de dix rois se virent donner des titres bouddhistes honoraires. » (source) Principalement, ce sont les dirigeants qui adoptent cette philosophie de vie puisque « le Bouddhisme n’était pas pratiqué par les gens du peuple, qui continuaient à suivre les pratiques ancestrales chamanistes ». La Mongolie connaît une alternance entre le bouddhisme, religion de l’État sous l’empire mongol, et le chamanisme, qui redevient la religion la plus pratiquée après la chute de ce dernier. « Au 16e siècle, le Bouddhisme redevînt la religion d’État de la Mongolie pour la troisième fois (…) pourtant le bouddhisme ne fût réellement pratiqué par les gens du peuple qu’à partir du 19ème siècle. » Le prince Tsogt, connu comme étant un poète et un combattant, est également un philosophe transmettant le bouddhisme autour de lui. Le temple au Wu-Taï-Shan, «  la montagne des Cinq Pics de Manjushri », est l’un des piliers de la religion bouddhiste pour les Mongols.

Ainsi, la philosophie en Mongolie s’oriente vers deux courants qui cohabitent durant des siècles.

Zalie et Clovys, T°L

Bibliographie complémentaire :

Entrée « Bouddhisme » sur le CNRTL

« La Mongolie de 1368 à 1691 », sur Voyage Mongolie (sources consultées le 18 avril 2018).

Le Shintoïsme

Allée de torii, sanctuaire de Fushimi Inari, Kyōto. (Wikimedia Commons)

Le shinto ou shintoïsme se traduit par « la voie des dieux » ou « la voie du divin ». C’est un ensemble de croyances de l’histoire ancienne du Japon. Le shintoïsme est un mélange d’animisme et de chamanisme, essentiellement polythéiste. Le concept majeur du shintoïsme est le caractère sacré de la nature. Le profond respect en découlant définit la place de l’homme dans l’univers : être un élément du grand tout. Le shintoïsme recense « huit cents myriades », autrement dit un nombre infini de kami(1). Ces déités, célestes ou terrestres, sont omniprésentes au Japon. Littéralement, kami signifie « ce qui est au-dessus des hommes » ou « supérieur à la condition humaine ». Les origines du shintoïsme sont méconnues. Cela semble avoir été fondé vers la fin de la période Jomon(2). Le terme shintō est apparu pour différencier cette vieille religion du bouddhisme « importé » au Japon vers le VIe siècle.

L’Empereur Shōwa revêtu de sa tenue de chef du culte de shintoïsme d’État. (Wikimedia Commons)

Avec la refonte de la constitution en 1868 sous l’ère Meiji, le shinto devint la religion d’État de l’Empire du Japon. Afin de promouvoir les rites et le culte officiel, tous les prêtres devinrent des employés de l’État. Chaque citoyen devait s’enregistrer comme membre de son sanctuaire local devenant par le fait même membre du Ise-jingu. L’empereur du Japon, descendant de la déesse Amaterasu et désormais chef de l’État et commandant suprême de la Marine et de l’Armée, fit l’objet d’un véritable culte. Le shintoïsme étant une religion, il s’exerce aussi bien par les hommes que par les femmes. On peut voir d’ailleurs que l’une des plus grandes entités Amaterasu est féminine.

De nos jours

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le plupart des Japonais pensaient que la prétention démesurée avait mené l’empire à sa chute. La religiosité des Japonais diminua même si environ 80 % d’entre eux pratiquent le shintoïsme. Une multiplicité de la religiosité en émana. Les japonais peuvent pratiquer autant le shintoïsme que le bouddhisme.

Angélo, T°L

(1) Un kami est une divinité ou un esprit vénéré. La plupart du temps ce sont des éléments de la nature, des animaux ou des forces créatrices de l’univers, mais ils peuvent être aussi des esprits de personnes décédées.

(2) Couvre approximativement la période qui va de 15 000 jusqu’en 300 avant notre ère. Le Japon est alors peuplé de chasseurs-cueilleurs.

(3) Le sanctuaire shinto le plus important du Japon, considéré comme le lieu le plus sacré de cette religion.

(4) Déesse du soleil qui serait l’ancêtre de tous les empereurs.

Philosophie islamique au Moyen Orient durant le Moyen Âge

Lors d’un cours de philosophie, les élèves de terminale L ont eu l’occasion de travailler sur les philosophies orientales dans le temps. Nous avons choisi, plus particulièrement, de consacrer notre étude sur la philosophie islamique et ce durant la période du Moyen Âge. Pour cela nous avons dû répondre aux questions suivantes :

Carte du Moyen-Orient en 2010. (Wikimedia Commons)

Quand cette philosophie est-elle née ?

La philosophie islamique provient majoritairement du Coran et de la Sunna qui sont, respectivement, un texte sacré et un texte de lois régis par Dieu, mais elle découle aussi de la philosophie gréco-romaine. Elle a été créée entre le VIIème et le IXème siècle.

Sur quoi s’oriente-t-elle ?

Elle est principalement basée sur des thèmes tels que la physique, la logique, l’éthique et la philosophie politique, qui sont des sciences profanes, dans le but d’acquérir les connaissances du monde et de l’esprit humain. Les philosophes islamiques travaillent aussi sur des questions théologiques ainsi que sur la médecine.

Y a-t-il une distinction entre philosophie et religion ?

Il n’y a apparemment aucune grande séparation entre ces deux pratiques, puisque « la philosophie est systématiquement pratiquée dans un cadre religieux ».

Y a-t-il des femmes philosophes au Moyen-Orient pendant le Moyen Âge ?

Effectivement, même si aujourd’hui ces dernières ont peu de place dans ce domaine, à l’époque du Moyen Âge celles-ci jouaient un rôle très important à l’exemple de Oum Adardaa, Karima al Marwazya ou encore Nafissa Bint el Hassan, qui elle, est née à la Mecque d’où son rapport particulier à la religion musulmane. « Il y a eu un très grand nombre de femmes savantes qui ont contribué à l’édification et à la persistance des sciences religieuses », explique Asma Lamrabet. Elles ont aussi joué un rôle politique à l’exemple des 500 femmes qui ont participé à l’instauration politique de la Cité de Médine.

La Mecque, ville sainte de l’islam, et la Kabah. (Pixabay)

Quelles sont les autres grandes figures de cette philosophie ?

Les hommes comptent aussi de grands philosophes parmi eux, à l’exemple de : Al-Kindi né en 801 et mort en 873, Al-Fârâbi (872-950), Avicenne (980-1037), Algazel (1058-1111), Averroès (1126-1198) ou encore Ibn Arabi (1165-1240) qui est considéré par beaucoup comme étant le pivot de la pensée métaphysique de l’Islam.

Comment l’Europe a découvert et reçu la philosophie islamique ? Cette philosophie ressemble-t-elle à la philosophie européenne ?

Cette philosophie est arrivée en Europe par le biais du commerce et des grandes croisades, de plus de nombreux chrétiens étaient intéressés par l’Empire islamique. « La pensée islamique influença profondément la pensée chrétienne médiévale. »

En effet la philosophie européenne et la philosophie islamique ont toutes deux été influencées par les philosophes de la Grèce Antique et notamment par Aristote et Platon. Nous pouvons donc dire que l’Europe a bien reçu la philosophie islamique car cette dernière ressemble beaucoup à sa philosophie.

Pour conclure, la philosophie du Moyen-Orient pendant le Moyen Âge ressemble beaucoup à celle de l’Occident. De nombreuses caractéristiques dont les centres d’intérêt sont communs puisque celles-ci descendent des mêmes sources (philosophes de la Grèce antique). De plus à cette époque le rôle des femmes est beaucoup plus important qu’aujourd’hui, diverses grandes figures féminines y sont présentes malgré le fait que les hommes y occupent une plus grande place.

Nassima et Gabriel, T°L

Sources :

-Jihene Aissaoui, Les apports de la civilisation islamique à l’Occident, Imane Magazine, 14 décembre 2012, consulté le 16 avril 2018.

-Asma Lamrabet, L’apport historique des femmes dans l’édification de la civilisation musulmane, Site personnel du Dr Asma Lamrabet, consulté le 16 avril 2018.

« Philosophie islamique », Wikipédia, consulté le 16 avril 2018.

Différentes relations philosophiques au Moyen Âge

La philosophie au Moyen Âge s’étend sur plus de dix siècles du 4ème au 16ème siècle. Certains philosophes se remarquent plus que d’autres comme Thomas D’Aquin, saint Augustin, Dante ou Marsile de Padoue.

Les différentes pensées philosophiques du Moyen Âge sont peu connues du grand public, c’est pourquoi nous nous sommes posés quelques questions :

Quelles sont les problématiques que se posaient les philosophes au Moyen Âge ?

Sont-ils influencés par la religion ?

Certains philosophes osaient-ils critiquer la religion ?

Portrait de Dante, détail d’une fresque de la chapelle du Bargello attribuée à Giotto di Bondone.

Durant le Moyen Âge, les philosophes penchaient vers le mouvement spiritualiste qui séparait le corps de l’âme et qui pensait que l’homme n’était qu’esprit. De plus, ils remettaient en cause l’origine de l’être humain et les textes antiques car pour le spiritualisme l’expérience ne prévaut pas sur la pensée. Par ailleurs, certains philosophes remettaient en cause, sans critiquer ouvertement, la religion. Thomas d’Aquin (1225-1274) au contraire était pour la papauté. Il fut très influencé par Aristote et pensait, comme lui, que l’être humain est un être social. Cette idée fut contestée par Hobbes et Rousseau, philosophes de la modernité, qui pensaient que l’être humain est solitaire. Pour Dante, la religion doit être séparée de l’État mais est indissociable de la société. Les clercs devraient être des citoyens. La politique est, selon lui, l’objectif universel de l’humanité que l’on peut atteindre seulement si tout les hommes y participent.

D’un autre côté, les Musulmans pensaient que la philosophie était la science suprême et la plus ancienne. Ainsi, ils lient la philosophie à la religion, et pensent qu’il est nécessaire de transmettre le savoir aux générations futures et aux autres peuples.

Les philosophes avaient-ils un rôle à jouer dans la politique ?

La plus grande influence philosophique dans la politique fut celle de Saint Augustin, évêque d’Hippone et un des Pères de l’église (4e-5e siècle). Pour lui, il existe deux types de pouvoir : le pouvoir temporel, l’homme, garant du pouvoir spirituel (de Dieu). C’est-à-dire, que l’État applique les lois et l’autorité divine. Saint Augustin est donc pour la création de la Cité de Dieu et a donc influencé le peuple sur la vision de la religion et la légitimité divine des rois. Ainsi, il est contre la démocratie car il pense que l’être humain n’est pas apte à gouverner seul.

La philosophie était-elle autorisée au Moyen Âge ?

Augustin vu par Philippe de Champaigne, 1645-1650.

Certaines religions comme le christianisme et l’islam autorisaient la philosophie. Cependant, ce dernier pouvait encourager la pratique philosophique tandis que l’autre la censurait parfois, c’est-à-dire que les philosophes chrétiens ne pouvaient pas critiquer la religion. De plus, l’État encourageait la philosophie à travers la création d’écoles basées sur la scolastique qui « vise à concilier l’apport de la philosophie grecque avec la théologie chrétienne héritée des Pères de l’Église » (source). Enfin, Saint Augustin, étant évêque et grande influence de la philosophie du Moyen Âge, aide la philosophie à se développer. Ainsi, les philosophes ont gagné une certaine notoriété auprès du peuple, de l’État, de la religion tant que leurs propos ne sont pas considéré comme étant hérétique.

Gabriel et Clovys, T°L

Les philosophes d’aujourd’hui sont bien, avant c’était mieux !

La philosophie au Moyen Âge est très importante et autorisée. Nous avons des philosophes comme Saint Augustin et Saint Thomas qui jouent un rôle important dans l’Europe médiévale. Les philosophes au Moyen Âge sont respectés par la politique, la société et la religion car ils ont modifié la vie sociale avec la création d’universités intellectuelles où l’on peut apprendre :

– La philosophie arabe, où l’on apprend la rationalisme (« Le rationalisme est la doctrine qui pose la raison discursive comme seule source possible de toute connaissance réelle ») et l’illuminisme par la suite (c’est-à-dire une « inspiration intérieure directe de la divinité »).

– La philosophie juive médiévale, où l’on apprend le mysticisme (cherche à « rapprocher l’homme de Dieu, en cherchant à donner un sens à la Création »).

– La philosophie chrétienne, où l’on étudie la scolastique et la haute scolastique par la suite (« elle vise à concilier l’apport de la philosophie grecque particulièrement l’enseignement d’Aristote et des péripatéticiens, avec la théologie chrétienne héritée des Pères de l’Église »). (définitions de Wikipédia).

Les philosophes agissaient sur la politique influencés par la religion dès leur naissance par la religion omniprésente dans cette période et obligatoire. Mais au XIIème siècle avec l’apparition des villes, la pensée n’est plus confinée au monastère. Les philosophes commencent à penser à la liberté de l’individu et à concevoir une vie intellectuelle indépendante de la politique et de la religion. Ce n’est pas pour autant qu’ils critiquent la religion, les philosophes pensent seulement autrement que selon les cadres classiques de la théorie chrétienne tels que les ont définis pour la plupart, les Pères de l’Église.

Deux philosophes sont retenus du Moyen Âge dont :

Saint Augustin dans son cabinet de travail, par Botticelli, 1480.

-Saint Augustin (Augustin d’Hippone) qui avec ses œuvres donne « un sens à l’histoire pour la rendre supportable » (source). Mais aussi parle d’un genre humain qui se répartirait en deux peuples. Il travaille aussi sur le sujet de la morale. Augustin est un penseur exigeant dans tous les sens du terme. « Homme clé de l’émergence du « moi » en Occident, il joue également un rôle de premier plan dans l’évolution de la notion de justice » (source). « S’il est un maître de la langue et de la culture latines, il ne maîtrisera jamais réellement le grec, ce qui tendra à accroître les divergences entre les christianismes occidental et oriental ».
(Il est représenté dans les peintures comme un homme pensif, à la recherche de réponse pour ses ouvrages).

Saint Thomas d’Aquin, retable de Carlo Crivelli, 1494.

-Saint Thomas d’Aquin, considéré comme un docteur de l’Église mais aussi comme « un des principaux maîtres de la philosophie au niveau scolastique et de la théologie catholique » (source). C’est « un patron des universités, des écoles et académies catholiques ». « Il distingue les vérités accessibles à la seule raison, de celles de la foi, définies comme une adhésion inconditionnelle à la Parole de Dieu ». « Il qualifie la philosophie de servante de la théologie afin d’exprimer comment les deux disciplines collaborent de manière « subalternée » (quelque chose d’inférieur) à la recherche de la connaissance de la vérité ».
(Il est représenté comme un homme portant l’Église et la Bible, ayant même une auréole. Le regarde vers le haut comme tout les philosophes pensifs et avec une coiffure de moine).

L’on pourrait penser que tous les philosophes étaient des prêtres cependant comme vu précédemment avec Saint Thomas, ils n’étaient point tous prêtres. Les philosophes au Moyen Âge remettaient en cause un bon nombre de sujets ou se posaient des questions philosophiques, dont les principales sont :

– La question de savoir comment distinguer l’apparence de la réalité.

– La remise en cause de la présence réelle du Christ.

Mais les philosophes étaient aussi chargés de trouver des moyens susceptibles de convaincre les incroyants de rejoindre le christianisme et aussi de se servir de la philosophie pour représenter les choses autant en théologie qu’en politique.

Une chose importante à savoir aussi, est qu’il n’y avait pas que des hommes philosophes ou possédant du pouvoir. Lors du Moyen Âge les femmes pouvaient accéder au trône en se mariant à des rois, ce qui leur donne alors un rôle et un pouvoir politique.

Christine de Pizan écrivant dans sa chambre (1407).

La personnalité féminine la plus connue au Moyen Âge est Christine de Pizan qui est une grande philosophe et poétesse composant des traités politiques, des traités de philosophie ou encore des recueils de poésie. C’est une des personnalités qui est la plus féministe et la plus intéressante du Moyen Âge. « Elle est aussi considérée comme la première femme écrivain de langue française ayant vécu de sa plume. Son érudition la distingue des écrivains de son époque, hommes ou femmes. Veuve et démunie, elle dut gagner sa vie en écrivant. Dont son écrit un Ditié de Jeanne d’Arc. On lui doit, entre autres, Cent ballades d’amant et de dame et la Cité des Dames. Son travail majeur est accompli entre 1400 et 1418″ (source).

Dans les tableaux Christine de Pizan est représentée comme une femme dans un couvent à écrire ses ouvrages, vu qu’elle a réussi à vivre grâce à ses écrits.

Pour conclure, nous avons vu que les philosophes du Moyen Âge sont influencés par la religion et agissent pour la politique, cependant à partir du XIIème siècle, les philosophes vont avoir une pensée indépendante de la politique et de la religion liée à la séparation des monastères et de la création des villes. Nous retiendrons deux philosophes, Saint Augustin et Saint Thomas avec leurs débats et leurs remises en cause de certains sujets. Puis les femmes qui ont eu une certaine forme de pouvoir grâce à la couronne. Pour finir une personnalité féminine qui est Christine de Pizan, femme philosophe et poétesse, qui a réussi à vivre par ses écrits.

Une source supplémentaire, utilisée pour rédiger l’article : La Philosophie en Europe au Moyen Âge.

Marthe et Hugo, T°L